En marge ou à la périphérie des religions traditionnelles, se sont déployées depuis quelques années un ensemble de croyances relevant d’une « nébuleuse mystico-ésotérique », selon les termes de la sociologue Françoise Champion, qui constituent des alternatives aux religions institutionnalisées dans un contexte de sécularisation et de décatholicisation. On peut y intégrer pêle-mêle des pratiques comme le magnétisme, l’hypnose, la sophrologie, le chamanisme, l’astrologie…, mais aussi le yoga, la méditation de pleine conscience ou encore le coaching, sans oublier le retour du paganisme avec les amateurs de polythéisme grec ou de culture celtique.
La loi de séparation des Eglises et de l’Etat établit la liberté de conscience et de culte dès lors que ces libertés ne contreviennent pas à l’ordre public. Elle établit aussi la neutralité de l’Etat c’est-à-dire l’obligation pour les agents publics, de respecter une neutralité religieuse c’est-à-dire de s’abstenir dans l’exercice de leurs fonctions de toute expression d’appartenance religieuse.
Bien que nous ne disposions pas encore de jurisprudences à ce propos, il me semble qu’il faut appliquer aux spiritualités les mêmes droits et les mêmes obligations qu’aux autres convictions. En tant qu’agent public ou assimilé vous ne pouvez faire la promotion d’une spiritualité particulière. En revanche, en tant qu’agent du secteur privé, vous gardez toute liberté de faire valoir vos convictions sous réserve que le règlement intérieur de l’association ou de l’entreprise ne restreigne ce droit ou bien que ces convictions ne viennent troubler l’organisation du travail par exemple en cas de prosélytisme abusif.
