Votre interrogation est tout à fait compréhensible et appelle en effet quelques précisions au regard du principe de laïcité.
En droit français, la laïcité impose aux collectivités publiques une obligation de neutralité religieuse : elles ne peuvent ni reconnaître ni promouvoir un culte. La jurisprudence admet toutefois que des références d’origine religieuse puissent être utilisées lorsqu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une exposition, d’une tradition culturelle, festive, folklorique ou patrimoniale, à condition qu’il n’existe aucune intention cultuelle ou prosélyte.
La fête de Saint-Nicolas est, en France, une tradition bien identifiée dans certaines régions (notamment le Nord-Est), où elle revêt un caractère historique et populaire ancien. En revanche, elle ne constitue pas une tradition locale historiquement ancrée à Neuilly-sur-Marne. Dans ce contexte, le choix de cette appellation par la commune relève donc moins d’un héritage culturel local que d’une dénomination contemporaine associée aux festivités de fin d’année.
Pour autant, cette circonstance ne suffit pas, en elle-même, à caractériser une atteinte au principe de laïcité. Ce qui importe juridiquement n’est pas tant l’origine ou l’ancienneté de la référence que l’intention poursuivie et le contenu effectif de la manifestation. Un marché ou un événement municipal intitulé « Saint-Nicolas » demeure compatible avec la laïcité s’il conserve un caractère strictement festif et culturel, sans cérémonie religieuse, sans message de foi, et sans association à une pratique cultuelle. Le fait que l’événement se déroule à proximité d’une église ne suffit pas non plus, à lui seul, à remettre en cause cette analyse.
En revanche, une difficulté pourrait se poser si la collectivité conférait à cet événement une dimension explicitement religieuse ou cultuelle, ce qui serait contraire au principe de neutralité des personnes publiques.
Ainsi, même si l’appellation retenue ne correspond pas à une tradition locale ancienne, elle n’est pas nécessairement incompatible avec la laïcité, dès lors que la manifestation reste clairement située sur le terrain culturel et festif. Nous n’avons pas les éléments nécessaires à l’analyse, cela étant à évaluer in concreto.
