Questions/Réponses

Enseignement religieux obligatoire dans des établissements privés sous contrat ?

Publié le 03/11/2026 par Vigie de la laïcité
Avec Vigie de la laïcité

Publié le 03/11/2026
Par Vigie de la laïcité
Avec Vigie de la laïcité

Question

Ma fille de 7ans fréquente une école privée catholique sous contrat avec l’État, actuellement en CE2. (Situation imposée par la mère de ma fille, j’aurais préféré une école publique laïque et républicaine)

L’école a lancé sa campagne de réinscription pour l’année prochaine (oui déjà) et une case à cocher m’a interpellé. Celle-ci demande si nous acceptons que notre fille aille en cours de “culture chrétienne”, or le “contrat de scolarité” explicite que les cours ou de catéchisme ou de culture chrétienne sont obligatoires. Paradoxale que de demander une autorisation pour une chose obligatoire.

En effectuant une recherche, je suis arrivé sur votre site et sur une question d’une députée à l’Assemblée nationale soulevant la question de la transgression de la loi par de nombreuses écoles privées.

Quel recourt pour empêcher la continuité de cette pratique peut être engagée ?
Souhaitez-vous que je vous fournisse des documents et mon témoignage comme preuve si vous pouvez porter une action juridique ou non ?

Réponse

Votre question repose sur une distinction essentielle :

D’une part, l’enseignement religieux (catéchisme, catéchèse, prières, initiation à la foi). Dans une école privée sous contrat, il ne peut en aucun cas être obligatoire. Le code de l’éducation est clair : “l’enseignement religieux est facultatif dans les écoles privées” (art. L. 141-3), et l’établissement sous contrat, s’il conserve son caractère propre, dispense son enseignement “dans le respect total de la liberté de conscience” et accueille tous les enfants “sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances” (art. L. 442-1). Le secrétariat général de l’enseignement catholique le reconnaît d’ailleurs lui-même : la catéchèse ne peut être imposée.

D’autre part, un enseignement laïque des faits religieux, dans leur diversité, qui s’adresse à la raison et non à la foi, et relève de la connaissance (histoire, culture, patrimoine, contextualisation). Celui-ci peut légitimement être intégré à la scolarité de tous les élèves, puisqu’il figure au programme national de l’Éducation nationale, de manière transversale (mais n’est que peu délivré du fait d’une absence de formation des enseignants à ce sujet). Un cours de “culture chrétienne” obligatoire ne se justifie donc que s’il relève réellement de cette seconde catégorie.

Mais s’il porte exclusivement sur une religion ou une tradition religieuse (ce qui semble être le cas du fait de l’intitulé lui-même-, dans une approche confessionnelle, ou s’il est présenté, comme dans le contrat que vous citez, comme interchangeable avec le catéchisme, il s’apparente à un enseignement religieux déguisé, qui ne peut être rendu obligatoire. C’est précisément le type de dérive relevé dans la question écrite parlementaire que vous avez consultée.
Concernant les recours, il revient à l’État, qui a conclu le contrat, de contrôler son respect. Vous pouvez saisir par écrit la direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) de la Gironde ou le rectorat de l’académie de Bordeaux, en joignant le contrat de scolarité et le formulaire de réinscription. Cette réponse qui vous est ici faite, rédigée par des juristes spécialistes de la question et reconnus, peut évidemment être jointe à votre saisine. Le médiateur académique peut également être sollicité. Vous pouvez enfin, bien entendu, ne pas donner votre accord sur le formulaire.

La Vigie de la laïcité n’est pas en mesure de porter une action en justice dans une situation individuelle, mais votre témoignage nous intéresse : ces informations nous aident à documenter ces pratiques dans le cadre de notre travail d’alerte et de nos échanges avec les pouvoirs publics.

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