Questions/Réponses

Les spiritualités sont-elles soumises aux mêmes droits et devoirs que les religions?

Publié le 14/10/2026 par Vigie de la Laïcité
Avec Vigie de la Laïcité

Publié le 14/10/2026
Par Vigie de la Laïcité
Avec Vigie de la Laïcité

Question

Je travaille pour le groupe SNCF et, dans le cadre de la Qualité de Vie au Travail, il est de plus en plus question de sophrologie, méditation, pensée positive… J’ai déjà lu à plusieurs reprises que ces pratiques sont contraires à la laïcité, mais leurs défenseurs prétendent qu’elles ne posent aucun problème à ce sujet. D’après moi elles reposent sur des croyances et non sur des sciences, mais je manque d’arguments. Pouvez-vous m’aider en m’apportant des éléments afin que je puisse faire une alerte éthique auprès de ma hiérarchie?

Réponse

En marge ou à la périphérie des religions traditionnelles, se sont déployées depuis quelques années un ensemble de croyances relevant d’une « nébuleuse mystico-ésotérique », selon les termes de la sociologue Françoise Champion, qui constituent des alternatives aux religions institutionnalisées dans un contexte de sécularisation et de décatholicisation. On peut y intégrer pêle-mêle des pratiques comme le magnétisme, l’hypnose, la sophrologie, le chamanisme, l’astrologie…, mais aussi le yoga, la méditation de pleine conscience ou encore le coaching, sans oublier le retour du paganisme avec les amateurs de polythéisme grec ou de culture celtique.

La loi de séparation des Eglises et de l’Etat établit la liberté de conscience et de culte dès lors que ces libertés ne contreviennent pas à l’ordre public. Elle établit aussi la neutralité de l’Etat c’est-à-dire l’obligation pour les agents publics, de respecter une neutralité religieuse c’est-à-dire de s’abstenir dans l’exercice de leurs fonctions de toute expression d’appartenance religieuse.

Bien que nous ne disposions pas encore de jurisprudences à ce propos, il me semble qu’il faut appliquer aux spiritualités les mêmes droits et les mêmes obligations qu’aux autres convictions. En tant qu’agent public ou assimilé vous ne pouvez faire la promotion d’une spiritualité particulière. En revanche, en tant qu’agent du secteur privé, vous gardez toute liberté de faire valoir vos convictions sous réserve que le règlement intérieur de l’association ou de l’entreprise ne restreigne ce droit ou bien que ces convictions ne viennent troubler l’organisation du travail par exemple en cas de prosélytisme abusif. 



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