Si les funérailles civiles sont juridiquement possibles depuis la loi du 15 novembre 1887, leur organisation demeure, dans les faits, très inégalement facilitée selon les territoires, créant des situations parfois indignes et contraires à l’esprit même de la laïcité.
Nous devons rappeler que cette question faisait précisément partie des réflexions et propositions soutenues par l’Observatoire de la laïcité avant sa suppression en 2021. L’Observatoire rappelait régulièrement que la laïcité ne se réduit pas à la neutralité de l’État à l’égard des cultes, mais qu’elle implique aussi la garantie effective de la liberté de conscience, y compris pour celles et ceux qui souhaitent des obsèques civiles, dignes et accessibles. Faciliter, au niveau local, l’organisation de funérailles non religieuses relève pleinement de cette exigence d’égalité et de liberté.
Cette position a aussi été défendue par diverses associations, comme le CLUB-ECEF, ainsi que par des parlementaires appartenant notamment aux groupes socialiste et apparentés ou La France insoumise.
Elle demeure aujourd’hui largement partagée par les membres de la Vigie de la laïcité, qui en l’espèce s’inscrit dans la continuité intellectuelle et républicaine de l’Observatoire.
Nous considérons en effet que l’absence de solutions adaptées pour les cérémonies civiles constitue une inégalité de traitement de fait, difficilement justifiable dans une République laïque où une large majorité de la population se déclare non pratiquante et où un peu plus de sa moitié se déclare non-croyant, athée, indifférent ou agnostique.
Soyez assuré que nous entendons aborder explicitement ce sujet dans le cadre de rendez-vous déjà demandés avec plusieurs membres du Gouvernement. À ce stade, ces sollicitations sont restées sans réponse, mais nous continuons à porter cette question, qui mérite d’être traitée avec sérieux, apaisement et sens des responsabilités.
Vous avez raison également de souligner le rôle croissant de la société civile — coopératives funéraires, nouvelles formes d’accompagnement — ainsi que les liens évidents entre cette réflexion et les débats contemporains sur la fin de vie. Ces évolutions témoignent d’une attente sociale forte à laquelle les pouvoirs publics et politiques (notamment le Sénat) ne pourront durablement rester sourds.
Nous vous remercions encore pour votre contribution, qui alimente utilement une réflexion indispensable pour une laïcité concrète, respectueuse et pleinement inclusive.
